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Dimanche 31 juillet 2016

 

 

Vinh Long...Retour aux sources....

 

 

Mon lieu d'origine, Vinh Long....

 


Me voici de retour à Vinh Long, ville où j'y ai passé mes trois premières années de ma vie.

 

N'ayant aucun souvenir de ce passé, mon intérêt est celui de voir uniquement l'emplacement de l'orphelinat mais il a été entièrement détruit et remplacé par une grande place publique, il se trouve à cent mètre du fleuve du Mékong.

 

Non loin se situe le couvent qui abrite la Congrégation des Soeurs St-Paul de Chartres. L'Eglise catholique Ste Anne qui jouxte le couvent n'ont aucun document à me montrer, tout a été détruit.

 

A l'heure actuelle, je n'en sais toujours pas plus. Je repasserai demain à Vinh Long pour voir l'emplacement de ce parc public.

 

Lorsque je serai à nouveau sur Saigon pour y passer mes derniers jours au Vietnam, je contacterai Soeur Elisabeth, elle sera l'ultime personne à pouvoir éventuellement me transmettre des photos de l'orphelinat pour autant que je puisse la voir.

 


Il me faut patienter jusqu'au 6 ou 7 août.

 

 

 

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Cai Bé, Vinh Long...


Je visite un temple caodaïste, une religion que je ne connaissais pas du tout, elle s'ajoute sur la nombreuse liste des nouvelles croyances. C'est un temple aux multiples couleurs très vives qui se trouve à Cai Bé.

 

 

 

Vinh Long...


Je suis à Vinh Long pour visiter le marché local. Les odeurs nauséabondes titillent mon nez délicat, les relents de poissons sont encore pis, un nuage de moucherons tourbillonnent autour des fruits, les détritus gisent sur les bords de trottoirs poussiéreux, les recoins sont peu reluisants. Tout ce décor renforce mon désappointement, ma frustration si grande de la veille amplifie ma vision peu positive de cette ville.

 

La pause de midi se fait non loin où se trouvait l'orphelinat. Soudainement une impression bizarre m'oppresse en pensant à mes trois premières années passées dans ce quartier. Des décennies plus tard, je me trouve attablée dans ce grand restaurant bordant le fleuve du Mekong. Mon état d'esprit est quelque peu perturbé à cette constatation. Mon repas se poursuit dans un mutisme rarissime de ma part, laissant ma petite famille perplexe, ignorant tout de mes sombres pensées.

 

Vinh Long compte cent cinquante mille habitants, ce n'est pas une grande ville, elle est dépourvue de tout intérêt culturel.

 

En ce lundi après-midi, je me trouve enfin sur le lieu de l'orphelinat. Il est difficile d'imaginer qu'il ait pu exister puisqu'un immense parc public le remplace, il n'y a pas l'ombre d'un quelconque vestige montrant son existence d'antan. La visite au couvent de La Congrégation des Soeurs St-Paul de Chartres s'avère encore moins fructueuse.

 

Mon humeur est morose, je n'y trouve pas mon compte. Une double impression désagréable comme celui de vouloir sciemment poser un veto à ma requête et celle d'une peur irrationnelle de tendre une main secourable ou lassé de ressasser un moment peu glorieux de cet avant 1975. Vinh Long ne représente plus aucun intérêt pour moi. Au lieu de ressentir une certaine fébrilité, c'est plutôt de l'indifférence qui l'emporte, l'envie soudainement de tourner de manière définitivement la page de ces trois premières années.

 

Une colère sourde m'envahit, désorientée par la situation, je monte dépitée dans le bus, je ferme les yeux brûlant de larmes qui ne veulent pas couler, pour faire le vide et ne plus rien voir. C'est un au revoir brutal que je fais à Vinh Long, je décide de clore au plus vite ce chapitre de ma première vie, en décidant de lui tourner cette fois le dos de manière péremptoire à cette ville.

 


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