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Impressions personnelles...


Un mois passé au Vietnam, c'est un privilège qui ne se renouvellera pas de sitôt.

Ce périple vietnamien, c'est découvrir un magnifique pays qui s'ouvre peu à peu au monde extérieur.

 


Au Nord du Vietnam...

 

Le Nord du Vietnam me transporte dans un décor quasi irréel avec ses rizières en terrasse, ses champs de cultures, ses buffles conduits très souvent par de jeunes enfants, ses magnifiques paysages. Cette première vision m'enchante mais très vite, je réalise que derrière ce décor se cache une vie de dur labeur, qu'au-delà de ce sourire permanent affiché constamment par l'habitant, la pauvreté règne. Il est face à un combat quotidien pour tenter de subvenir à ses propres besoins.

 


De Ban Ho à Sapa, où vivent différentes ethnies, c'est comme si le temps s'arrête brusquement. Celles que je visite dans le Nord du Vietnam apportent une touche de couleurs lors des marchés où je peux déambuler dans ce dédale de stands regorgeant de produits locaux. Les coutumes locales me semblent tellement archaïques. J'espère simplement que ces ethnies ne perdront pas leur propre identité culturelle face à cet afflux de touristes qui commence à venir dans ces régions. Pour survivre, de nombreuses femmes aux couleurs bigarrées suivies de leur progéniture à la propreté fort douteuse, tentent d'appâter le touriste en proposant de menus articles. Il est à relever qu'elles ne sont pas trop insistantes, à part quelques-unes qui se montrent plus hardies voire plus audacieuses.

 

Ce qui me touche le plus, c'est de voir des petites filles encore si jeunes, de quatre à huit ans, s'occuper des petits frères ou des petites soeurs avec un tel sérieux et une telle gravité dans leur expression, qu'il m'est difficile de rester insensible devant ce tableau si austère pour leur âge et qui conviendrait mieux à un rôle d'adulte, celui qu'elles endossent pour soulager les mamans.

 

Quant aux autres enfants, je les vois travailler durement dans d'autres domaines tandis que les petits profitent de leur jeune âge pour jouer de manière insouciante avec un rien dans leurs mains. Une vie tellement différente des jeunes enfants européens!

 

Le régime matriarcal est encore très présent dans certaines contrées du Vietnam mais en ville, les jeunes préfèrent suivre le confort et la modernité qui leurs sont offerts.

 

 

La Baie d'Halong...voguer sur une eau si tranquille, c'est me laisser bercer par la quiétude de cet environnement mystérieux où quelques moteurs à bateaux viennent troubler ces instants magiques. J'ai beaucoup aimé cette croisière.

 

Il m'a été difficile de revenir dans l'agitation d'Hanoi avec ses klaxons intempestifs, ses milliers de deux-roues roulant dans tous les sens au risque de me faire écraser. Des rues bondées de gens se faufilant à travers un trafic tumultueux de voitures, de cyclo-pousses, de bicyclettes, de coolies vendant leurs produits, c'est un chaos indescriptible voire invivable. La chaleur extrême et l'humidité quasi permanentes bien connues à Hanoi n'aident en rien et me happent tel un sauna réglé sur le thermostat maximal.

 

Le Nord du Vietnam est encore fortement imprégné par le communisme qui se caractérise par ses drapeaux, ses immenses pancartes rouges portant les slogans du parti, ils s'étendent même jusque dans les montagnes menant aux ethnies. Le portrait du révolutionnaire Ho Chi Minh est omniprésent dans chaque région du Nord Vietnam. Son mausolée à Hanoï est fort imposant, témoin de la puissance de ce petit homme.

 

 


Au Centre du Vietnam...

 

C'est un autre décor. Longer toute la côte en traversant des sites et des villages de pêcheurs, c'est profiter d'un paysage entre terre et mer avec ses parcs ostréicoles, ses paniers de crevettes, ses filets de poissons.

 

Hué et sa capitale impériale avec son imposant palais retrace en partie toute la splendeur d'un passé royal. Elle est connue également et je le confirme, par sa fine gastronomie, qui n'est pas pour me déplaire.

 

Il n'y a pas eu l'ombre d'un quelconque nuage au Col des Nuages car il fait un temps magnifique. Ce coin surplombe la ville de Dannang et ses longues plages de sable fin.

 

Hoi An, capitale de la soie, du cuir, des incontournables et mythiques lanternes artisanales. Un moment d'évasion dans cette petite ville qui invite à découvrir les curiosités artisanales étalées dans les innombrables échoppes.

 

 


Au Sud du Vietnam...

 

Le Sud du Vietnam est beaucoup plus occidentalisé et se démarque du Nord. Pourtant, il reste encore ça et là des vestiges de l'amplitude communiste qui lui confère un caractère plutôt désuet tranchant dans ce décor plus moderne voire capitaliste. A Can Tho, se dresse au bord du fleuve du Mékong, une grande statue de Ho Chi Minh. Une vision très contradictoire du sud que je peux comprendre car il lui est difficile de se départir aussi facilement d'une empreinte ancrée de plusieurs décennies.

 

Ho Chi Min ville rebaptisée ainsi depuis 1975 mais les gens l'appellent encore Saigon où règne également toute l'intensité d'une ville aussi grande allant jusqu'à onze millions d'habitants dont les bouchons sont impressionnants aux heures de pointe et pour atteindre les extrémités de la ville, il faut de la patience et beaucoup de temps pour s'y rendre.

 

La province de Ben Tré est une région extrêmement pauvre, elle a subi de lourds ravages lors de la guerre. Par contre, sa végétation est fort dense voire partout dans le Delta du Mékong avec sa multitude de fruits exotiques, ses légumes, ses poissons. Les habitants peuvent vivre facilement de leurs propres récoltes qui se trouvent à leur portée de mains.

 

Les maisons au Vietnam peuvent cohabiter trois générations où chacun s'entraide. Souvent les grands-parents gardent leurs petits enfants pour permettre aux parents de travailler. Les parents ont pour habitude de trimer afin d'assurer l'avenir de leurs enfants en leur offrant l'opportunité d'entreprendre des études; de leur fournir une moto pour être plus mobile; acquérir un lopin de terre pour chacun de leurs enfants. La nouvelle génération se veut plus indépendante, elle rechigne de plus en plus à vouloir habiter tous en famille en tout cas dans les villes. Je pense que dans les villages, la tradition reste intacte.

 

Certains villages visités gardent leur âme, leur authenticité.  Dans les villes, elles s'apprêtent plutôt à faire face à un nouvel essor économique permettant de s'ouvrir au tourisme et aux firmes étrangères venues s'installer au Vietnam.